Nara, l’ancienne première capitale impériale du Japon, se visite facilement en une journée depuis Kyoto ou Osaka. C’est ici que j’ai passé l’une de mes journées préférées de mon voyage de 2 semaines au Japon : entre les daims qui se baladent en liberté jusque dans les rues et les temples parmi les plus impressionnants du pays, la ville mérite largement le détour. Alors que faire à Nara sur une journée ? Je te partage dans cet article mon itinéraire pour une journée à Nara, et toutes les options pour t’y rendre depuis Kyoto ou Osaka.
Ma journée à Nara en un coup d’oeil
Voici les grandes lignes de ma journée à Nara :
- Départ de la gare de Kintestu
- Passage par Kofuku-ji
- Balade dans le parc de Nara avec ses cerfs en liberté
- Découverte du temple de Tôdai-ji
- sanctuaire de Tamukeyama Hachimangu
- sanctuaire de Kasuga Taisha et ses fameuses lanternes
- Promenade dans l’ancien quartier marchand de Naramachi
- Pause gourmande chez Nakatanidou
- Retour à la gare de Kintestu
En résumé, cet itinéraire optimise parfaitement les distances entre les points d’intérêts, en partant de la gare de la ville, et représente un peu moins de 2 heures de marche sur la journée. Voici la visualisation sur une carte :
Comment aller à Nara ?
Comment aller à Nara depuis Kyoto ?
Si tu as prévu de visiter Kyoto, alors sache que deux compagnies desservent Nara, avec deux gares d’arrivée différentes à environ 1km l’une de l’autre :
- JR Nara Line (Miyakoji Rapid) : 45 minutes, 720¥, couvert par le JR Pass. Arrivée à la gare JR Nara, à 15-20 minutes à pied du parc et des temples.
- Kintetsu Kyoto Line : 35 minutes en Limited Express (1280¥, non couvert par le JR Pass) ou 45 minutes en express classique (760¥). Arrivée à la gare Kintetsu Nara, à quelques minutes à pied de Kofuku-ji et du parc.
Mon conseil : si tu as un JR Pass, prends la ligne JR, le trajet est inclus. Sinon, la ligne Kintetsu te dépose plus près des sites à visiter, ce qui vaut largement les quelques centaines de yens de différence.
Tu ne veux pas prendre le train ? Pas de problème !
Certaines agences proposent des excursions à Nara qui s’adaptent à ton itinéraire (départ depuis Kyoto ou Osaka, avec retour possible dans l’une de ces 2 villes) : pratique si tu souhaites en profiter pour changer de ville. Tu peux ainsi te réveiller à Kyoto, passer la journée à Nara et on te dépose ensuite à Osaka en fin de journée.
Comment aller à Nara depuis Osaka ?
Même logique depuis Osaka, avec deux options principales :
- JR Yamatoji Line : environ 45-50 minutes depuis la gare d’Osaka, couverte par le JR Pass.
- Ligne Kintetsu depuis Osaka-Namba : 35 minutes en Limited Express, 680¥, non couverte par le JR Pass. C’est personnellement l’option que j’ai choisi lors de mon voyage. Comme depuis Kyoto, la ligne Kintetsu reste l’option la plus rapide et la plus pratique si tu n’as pas de JR Pass.
💡 Si tu as prévu cette étape dans ton itinéraire au Japon, alors cet article pourrait aussi t’intéresser : visiter Osaka en 2 jours
Kofuku-ji, dès la sortie de la gare
À quelques minutes à pied de la gare Kintetsu, Kofuku-ji est un bon point de départ. Ce temple a une histoire plus ancienne que Nara elle-même : fondé en 669 par le puissant clan Fujiwara, il a été déplacé ici lors de la fondation de la ville comme capitale en 710. Sa pagode à cinq étages, haute de 50 mètres, est la deuxième plus haute du Japon et l’un des symboles les plus reconnaissables de Nara, visible depuis une bonne partie de la ville.
Le complexe a brûlé et a été reconstruit à plusieurs reprises au fil des siècles, mais conserve un ensemble de pavillons classés trésors nationaux. Tu peux te balader librement autour de la pagode et de l’étang Sarusawa juste à côté, où j’ai croisé mes tout premiers daims du séjour, avant même d’être entrée dans le parc.

Le parc de Nara et ses cerfs sika en liberté
Le parc de Nara s’étend sur plus de 660 hectares et abrite plus de 1000 cerfs sika en totale liberté. Selon la légende shintoïste, une divinité serait arrivée sur les terres de Nara montée sur un cerf blanc pour protéger la nouvelle capitale : depuis, ces animaux sont considérés comme des messagers sacrés et ont longtemps été strictement protégés (les tuer était passible de mort pendant l’époque féodale).
Tu peux leur acheter des biscuits spéciaux (shika senbei) auprès de vendeurs disséminés dans le parc, pour environ 200¥ la liasse et les nourrir directement à la main. Certains sont étonnamment polis : plusieurs s’inclinent légèrement avant de recevoir leur biscuit, un comportement qu’ils ont fini par adopter au contact des visiteurs.
Attention tout de même en haute saison : à force d’être sollicités, certains daims deviennent un peu trop insistants et n’hésitent pas à mordiller vêtements ou sacs pour réclamer leur dû.


Tôdai-ji et son immense Bouddha
Le temple Tôdai-ji est le clou de la visite, et il se mérite dès l’arrivée : on y accède par la Nandaimon, une porte monumentale reconstruite au 13e siècle et gardée par deux statues de gardiens Niō de plus de 8 mètres de haut, sculptées par les maîtres Unkei et Kaikei, considérées comme des chefs-d’œuvre de la sculpture sur bois de l’époque Kamakura. Rien que cette porte donne le ton de ce qui suit.
Le Daibutsu-den, le pavillon principal, est la plus grande construction en bois du monde, même reconstruite à une échelle réduite après plusieurs incendies au fil des siècles. Elle abrite une statue de Bouddha Vairocana en bronze de 15 mètres de haut, commandée par l’empereur Shômu au 8e siècle : sa construction aurait à elle seule épuisé une bonne partie des réserves de bronze et de métaux précieux du Japon de l’époque.
Lors de l’inauguration en 752, l’empereur en personne aurait peint les yeux de la statue pour symboliser l’éveil du Bouddha. Je suis restée un long moment simplement à lever la tête : les photos ne rendent absolument pas justice à l’échelle du lieu une fois à l’intérieur mais au moins ça te laissera la surprise lors de ta visite de Nara.


Un détail amusant à chercher sur place : une des colonnes de bois est percée à sa base, exactement à la taille d’une des narines du Bouddha. La tradition veut que réussir à se faufiler à travers assure l’illumination dans une vie future.
Infos pratiques pour visiter Tôdai-ji
- compte environ 600¥ pour l’entrée au Daibutsu-den (billet combiné avec le musée à 1000¥)
- horaires variables selon la saison (7h30-17h30 d’avril à septembre, 8h-16h30 le reste de l’année).
- Si tu as un peu de temps, grimpe jusqu’au Nigatsu-do juste à côté : la vue sur le complexe et sur Nara depuis la terrasse vaut le détour, surtout en fin de journée.

Le sanctuaire discret de Tamukeyama Hachimangu
En chemin entre le Nigatsu-do et Kasuga Taisha, fais une courte pause au sanctuaire Tamukeyama Hachimangu. Fondé en 749 pour protéger la construction du Grand Bouddha de Tôdai-ji, ce petit sanctuaire shinto dédié à Hachiman, la divinité guerrière protectrice du Japon, est nettement moins fréquenté que ses voisins. C’est un des rares endroits où j’ai pu profiter d’un vrai moment de calme dans le parc, entouré des érables qui prennent une couleur flamboyante à l’automne. L’entrée est gratuite et la visite ne prend que quelques minutes.

Kasuga Taisha et ses lanternes
En continuant vers l’est du parc, le sanctuaire Kasuga Taisha vaut le détour pour son allée bordée de plus de 3000 lanternes de pierre et de bronze, offertes au fil des siècles par des fidèles et aujourd’hui recouvertes de mousse par endroits. Fondé en 768 par le clan Fujiwara (le même qui a fondé Kofuku-ji), le sanctuaire arbore une architecture caractéristique laquée de vermillon, qui tranche joliment avec le vert de la forêt primaire de Kasugayama juste derrière, elle-même classée à l’UNESCO.
Toutes les lanternes sont allumées deux fois par an seulement, lors des festivals Setsubun Mantoro (début février) et Obon Mantoro (mi-août) : un spectacle que je n’ai pas eu la chance de voir, mais qui vaut le coup de caler ton voyage dessus si les dates coïncident. Les jardins alentour, plus calmes, sont un bon endroit pour souffler après la foule de Tôdai-ji.

Naramachi, l’ancien quartier marchand
Pour finir la journée, direction Naramachi, l’ancien quartier marchand aux maisons de bois traditionnelles (machiya), aujourd’hui reconverties en petites boutiques, cafés et galeries d’artisanat. Le quartier s’est développé autour de l’ancien temple Gangô-ji, dont il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges disséminés entre les habitations.
Une tradition locale amusante à repérer en te baladant : de petites poupées en tissu rouge, appelées migawari-zaru (littéralement « singe substitut »), sont suspendues sous les avant-toits de nombreuses maisons. Elles seraient censées absorber le malheur à la place des habitants. C’est un bon endroit pour ralentir le rythme après une journée de visites et repartir avec un souvenir fait main plutôt qu’un objet touristique classique.


Une pause mochi chez Nakatanidou
Juste à côté de l’étang Sarusawa, ne rate pas Nakatanidou, une petite boutique devenue culte pour son spectacle de pilage de mochi à une vitesse impressionnante, à coups de maillets en bois. La démonstration ne dure que 5 minutes et n’a pas d’horaire fixe garanti (généralement en milieu de journée), donc un peu de patience et de chance sont nécessaires pour tomber au bon moment. Même si tu rates le spectacle, le mochi yomogi (à l’armoise, fourré à la pâte de haricot rouge) reste délicieux et vaut le détour, pour environ 200¥ la pièce.

Si tu as plus de temps : le mont Wakakusa
Si ta journée n’est pas trop chargée, grimpe jusqu’au sommet du mont Wakakusa pour une vue panoramique sur toute la ville, le complexe de Tôdai-ji et le parc en contrebas. C’est une colline entièrement recouverte d’herbe, sans arbres, ce qui rend la vue d’autant plus dégagée une fois en haut : la montée prend une petite trentaine de minutes.
L’accès est payant (environ 150-200¥) uniquement sur la période d’ouverture, généralement de mi-mars à début décembre ; le reste de l’année, la colline est fermée au public. Fait amusant : chaque année en janvier a lieu le Yamayaki, une cérémonie au cours de laquelle toute la colline est volontairement incendiée à la tombée de la nuit, un rituel vieux de plusieurs siècles visible depuis toute la ville.

Infos pratiques pour visiter Nara
Combien de temps pour visiter Nara ?
Une journée complète suffit largement pour voir l’essentiel décrit dans cet itinéraire. Si tu veux vraiment prendre ton temps, ou ajouter les temples de Nishinokyo (Toshodai-ji, Yakushi-ji), un peu excentrés, compte plutôt une journée et demie.
Quel budget pour visiter Nara ?
En dehors du transport, la visite de Nara reste très abordable : l’entrée du parc et la balade parmi les cerfs sont gratuites, seuls les temples (Tôdai-ji, Kasuga Taisha) demandent un droit d’entrée de quelques centaines de yens chacun. Prévois aussi quelques centaines de yens pour les biscuits à donner aux daims, si tu veux tenter l’expérience.

Faut-il dormir à Nara ?
La plupart des visiteurs font l’excursion à la journée depuis Kyoto ou Osaka et c’est largement suffisant pour voir l’essentiel. Mais si ton itinéraire te laisse de la flexibilité, passer une nuit sur place change vraiment l’expérience : le parc est désert avant 9h (rien que des cerfs et une poignée de fidèles en prière), et certains temples comme Kasuga Taisha prennent une toute autre dimension à la tombée du jour.
Si tu veux tenter l’expérience, le quartier de Naramachi reste le plus agréable pour loger : central, à un quart d’heure à pied des deux gares, et en plein cœur de l’ambiance authentique de la vieille ville.
Mon coup de coeur à Nara ♡
Le New Wakasa est ultra bien placé pour se balader dans la ville en fin de journée : excellent accueil, hôtel magnifique, onsen inclus… parfait pour t’offrir une petite parenthèse enchantée dans ton voyage.
Où manger à Nara : mes bonnes adresses
En dehors du mochi de Nakatanidou évoqué plus haut, voici trois adresses à retenir si tu veux un vrai repas (et qui s’incluent très facilement à mon itinéraire d’une journée à Nara) :
- Meat and Nara Cuisine COO : izakaya à deux pas de la gare, on y mange très bien et rapidement.
- GYUMON Nara : les ramens y sont excellents et l’accueil ultra chaleureux
- Nagomi : très bon restaurant pour tester le teppanyaki, la viande est excellente
Quand visiter Nara pour éviter la foule ?
Viens tôt le matin, avant 9h si possible : le parc et les abords des temples sont alors quasiment vides et la lumière du matin traversant les arbres rend l’expérience d’autant plus agréable. Passé 10h, les groupes de touristes affluent en nombre.
FAQ : que faire à Nara
Peut-on visiter Nara en une seule journée ?
Oui, une journée complète permet de voir l’essentiel : Kofuku-ji, le parc aux daims, Tôdai-ji, Kasuga Taisha et Naramachi. Compte plus si tu veux ajouter les temples de Nishinokyo, plus excentrés.
Vaut-il mieux prendre le train JR ou Kintetsu pour aller à Nara ?
Le JR si tu as un Japan Rail Pass, le trajet est inclus. Sinon, le Kintetsu est légèrement plus rapide et dépose plus près des sites principaux, malgré un tarif un peu plus élevé en Limited Express.
Est-il vraiment possible de nourrir les cerfs de Nara ?
Oui, des biscuits spéciaux (shika senbei) sont en vente dans tout le parc pour quelques centaines de yens. Certains cerfs s’inclinent même légèrement avant de les recevoir.
Nara est-elle accessible en excursion depuis Osaka aussi bien que depuis Kyoto ?
Oui, les deux villes sont à peu près à égale distance (35 à 50 minutes selon la ligne choisie), donc Nara se visite aussi facilement en excursion depuis l’une ou l’autre.
Faut-il réserver l’entrée des temples à l’avance ?
Non, aucune réservation n’est nécessaire pour Tôdai-ji ou Kasuga Taisha, tu peux payer sur place à l’entrée.
—
Voilà, tu sais maintenant que faire à Nara en une journée ! J’ai construit cet itinéraire avant de partir et je pense sincèrement qu’il permet d’en voir le maximum en un jour, tout en prenant le temps de souffler.
Je dois être honnête : c’était une étape que j’appréhendais avant d’y aller. J’avais peur de tomber sur une foule ingérable, et surtout que les cerfs, sacrés ou pas, ne soient pas vraiment respectés au milieu de tout ça. Résultat : ça a fini par être l’une de mes journées préférées de mon voyage au Japon.
Si tu as des questions pour organiser ton voyage à Nara, n’hésite pas à me les poser en commentaire !

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