Visiter Kyoto en 2 jours : itinéraire et incontournables

vue sur les toits de Gion pendant mon séjour de 2 jours à Kyoto

Visiter Kyoto en 2 jours, c’est se confronter à un problème que je n’avais pas anticipé avant d’y arriver : il y a beaucoup trop de choses à faire pour le temps qu’on a. Dans mon esprit, avant de partir, je m’imaginais une petite ville tranquille, posée entre deux temples. J’étais loin du compte. Kyoto a été la capitale impériale du Japon pendant plus de mille ans (de 794 à 1868), et ça se sent à chaque coin de rue : des torii vermillon qui grimpent une montagne entière, des ruelles où l’on croise encore des geishas pressées, un jardin de bambous qui donne l’impression d’entrer dans un autre monde.

Lors de mon voyage de deux semaines au Japon, j’ai passé deux jours pleins à Kyoto, coincée entre mon passage à Tokyo et mon arrivée à Osaka. Deux jours, c’est court pour une ville pareille, mais largement suffisant si tu sais où aller et dans quel ordre. Je te partage ici l’itinéraire que j’ai suivi, jour par jour, avec toutes les infos pratiques pour organiser ton séjour sans perdre de temps.

Sommaire

Visiter Kyoto en 2 jours : itinéraire jour par jour

Kyoto s’étale sur une zone assez large avec des sites dispersés aux quatre coins de la ville. Pour ne pas passer ton séjour dans les bus, j’ai découpé mon itinéraire par zone géographique : le premier jour au sud et à l’est, le second à l’ouest et au centre. Voici comment j’ai organisé mes deux jours à Kyoto.

Jour 1 : Fushimi Inari et le vieux Kyoto (Higashiyama)

Le premier jour, direction le sud de la ville dès le matin, puis remontée progressive vers le centre-est en fin de journée.

Fushimi Inari Taisha, dès l’ouverture

Je ne vais pas te mentir : c’est pour ce sanctuaire que j’ai réglé mon réveil à 6h le premier matin de mon séjour à Kyoto. Fushimi Inari Taisha est gratuit, ouvert 24h/24 et sans jour de fermeture, donc rien ne t’empêche d’y être aux aurores. Et crois-moi, ça change absolument tout : sur la photo que tout le monde connaît, ce tunnel de torii orange à perte de vue, il y a en réalité une foule compacte toute la journée. Le matin très tôt, j’ai eu de longs passages rien que pour moi, avec juste le bruit de mes pas sur les graviers.

Fushimi Inari au petit matin lors de ma visite de Kyoto en 2 jours

Ce que peu de gens savent, c’est que la plupart des visiteurs font demi-tour après les vingt premières minutes de marche, au niveau du croisement de Yotsutsuji. Si tu continues au-delà, la montée devient plus calme, plus sauvage aussi, avec des petits sanctuaires isolés et une vue qui s’ouvre sur la ville. Compte environ 2 heures pour la boucle complète jusqu’au sommet du mont Inari, ou 45 minutes si tu t’arrêtes à Yotsutsuji.

Bon à savoir 💡

Si tu préfères qu’on t’explique la symbolique des torii et des renards plutôt que de déambuler seul, il existe des visites guidées matinales qui partent avant l’ouverture officielle des foules.

Kiyomizu-dera et les pentes de Sannenzaka

Après Fushimi Inari, direction le quartier de Higashiyama pour découvrir Kiyomizu-dera, l’un des temples les plus emblématiques du pays. Fondé en 778, il précède même la fondation officielle de Kyoto ! Le nom signifie « eau pure », en référence à la cascade Otowa qui coule sous le bâtiment principal. Cette dernière est divisée en trois flots : bois, longévité et réussite scolaire. La tradition veut qu’on n’en boive qu’un seul, sous peine de voir son vœu annulé par la gourmandise. J’ai bien sûr hésité une bonne minute avant de choisir.

Le clou du spectacle reste la scène en bois du hall principal, suspendue à 13 mètres au-dessus de la pente sans un seul clou pour la maintenir. L’expression japonaise « sauter de la scène de Kiyomizu » désigne d’ailleurs un acte de courage absolu, et une fois debout là-haut, on comprend pourquoi.

vue sur le temple de Kiyomizu-dera
ruelles pavées et pentues de Sannenzaka

La montée jusqu’au temple vaut le détour à elle seule : les pentes pavées de Sannenzaka et Ninenzaka comptent parmi les rues les plus préservées de Kyoto, bordées de maisons machiya en bois, de boutiques de poterie et de glaces au matcha. Prends le temps de t’y perdre, surtout à la redescente, quand les groupes commencent à se disperser.

Cérémonie du thé à Sannezaka 🫖

Si l’expérience te tente, tu trouveras à Sannezala de nombreux salons de thé traditionnels. C’est l’opportunité parfaite pour prendre 45min de ta journée afin d’assister à une cérémonie du thé matcha… perso j’ai adoré ce moment hors du temps et je le recommande les yeux fermés !

Le quartier de Gion et ses geishas, en fin d’après-midi

C’est le moment que j’attendais depuis mon arrivée au Japon : traverser Gion, le quartier historique des geiko et des maiko (les geishas et leurs apprenties, dans le dialecte de Kyoto). Je m’attendais à un petit village figé dans le temps, j’ai plutôt trouvé un quartier vivant, entre maisons de thé traditionnelles et petites échoppes.

les rues pavées de Gion en fin de journée, bordées de maisons de thé traditionnelles

⚠️ Un point important avant d’y aller : depuis avril 2024, les ruelles privées de Gion sont officiellement interdites aux touristes, avec des amendes pouvant atteindre 10 000¥ en cas d’infraction. Cette règle fait suite à des années de touristes suivant ou photographiant les maiko sans leur accord dans les petites allées résidentielles.

La rue principale, Hanamikoji, ainsi que les abords du sanctuaire Yasaka-jinja, restent en revanche pleinement accessibles. Si tu croises une geiko ou une maiko en chemin vers un rendez-vous (souvent entre 17h et 18h), le mieux reste de la laisser passer sans lui courir après avec un téléphone tendu. Ce n’est pas une attraction, c’est quelqu’un qui va travailler.

Pontocho Alley pour le dîner

Pour terminer cette première journée, je t’emmène à Pontocho, une ruelle étroite qui longe la rivière Kamo, à deux pas de Gion. C’est dans cette allée-là que j’ai compris pourquoi tout le monde en parle : des dizaines de restaurants aux façades en bois, des lanternes qui s’allument à la tombée de la nuit, et en été, des terrasses suspendues au-dessus de la rivière (les fameux yuka). J’ai testé un petit izakaya sans enseigne en anglais, en pointant simplement du doigt ce que mangeaient mes voisins de comptoir : sans doute mon meilleur repas improvisé du séjour.

restau pontocho
Restaurant où manger à Pontocho Alley

Jour 2 : Arashiyama et le Kyoto impérial

Deuxième journée, direction l’ouest de la ville dès le matin, avant de redescendre vers le centre pour l’après-midi.

La bambouseraie d’Arashiyama, avant la cohue

Même conseil que pour Fushimi Inari : viens tôt. La bambouseraie de Sagano est gratuite et accessible 24h/24, mais dès 9h30, le sentier de 400 mètres se transforme en file indienne de téléphones tendus vers le ciel. En arrivant à l’ouverture, j’ai eu la chance de marcher plusieurs minutes sans croiser personne, avec juste le bruit du vent dans les tiges (la bambouseraie fait d’ailleurs partie des « 100 paysages sonores du Japon à préserver », un vrai patrimoine auditif). Le tunnel de bambous en lui-même se parcourt en 15-20 minutes, mais prévois du temps pour explorer les alentours.

Arashiyama

À côté de l’entrée principale se trouve le temple Tenryu-ji, classé à l’UNESCO, avec un jardin zen construit autour d’un étang. Si tu as un peu de temps devant toi, la traversée par la porte latérale du temple pour rejoindre la bambouseraie offre une perspective différente, moins fréquentée que l’entrée classique.

💡 Pour t’y rendre depuis le centre : compte environ 20 minutes en train JR depuis la gare de Kyoto jusqu’à Saga-Arashiyama, puis 10 minutes à pied.

Kinkaku-ji, le pavillon d’or

Retour vers le centre-nord pour Kinkaku-ji, sans doute l’image la plus reproduite de Kyoto : un pavillon entièrement recouvert de feuille d’or, qui se reflète dans un étang entouré de pins soigneusement taillés. Construit en 1397 comme villa de retraite du shogun Ashikaga Yoshimitsu, il a été incendié par un jeune moine en 1950 (un fait divers si marquant qu’il a inspiré un roman entier de Mishima), avant d’être reconstruit à l’identique en 1955.

Le temple Kinkaku-ji, à découvrir si tu te demande que visiter à Kyoto en 2 jours

Ce qui m’a surprise, c’est la rapidité de la visite : le parcours est à sens unique, à travers le jardin, et prend à peine 45 minutes à 1 heure. Ne t’attends pas à entrer dans le pavillon lui-même, il se contemple uniquement de l’extérieur. C’est court, mais l’image reste : difficile d’oublier ce reflet doré sur l’eau.

Marché Nishiki, pour déjeuner comme une locale

Direction ensuite le centre-ville et le marché Nishiki, surnommé « la cuisine de Kyoto« . Cette galerie couverte de 400 mètres regroupe des dizaines d’échoppes centenaires : poissonniers, marchands de tsukemono (légumes marinés), stands de brochettes de poulpe grillé, thé matcha sous toutes ses formes. C’est l’endroit parfait pour grignoter sur le pouce entre deux visites plutôt que de t’asseoir dans un restaurant. Mon conseil : viens avec l’estomac vide et goûte un peu de tout, les portions sont pensées pour ça.

scène de vie au Marché Nishiki de Kyoto pour le déjeuner

Château de Nijo, l’après-midi

Pour finir cette deuxième journée, direction le château de Nijo, ancienne résidence kyotoïte du shogun Tokugawa Ieyasu, construite en 1603. Ce que j’ai préféré, ce sont les fameux « planchers rossignols » du palais Ninomaru : conçus pour grincer à chaque pas, ils servaient d’alarme anti-intrusion pour prévenir l’approche d’un assassin nocturne. Marcher dessus en silence est tout simplement impossible et c’est amusant de voir tout le monde essayer.

  • Horaires : de 10h à 17h, fermé le mercredi
  • Tarif : environ 600¥ pour le parc seul, jusqu’à 1 300¥ avec l’accès au palais Ninomaru (tarifs à vérifier avant ton départ, ils évoluent régulièrement)
Visite du château de Nijō-jō à Kyoto

🏯 Si tu es plutôt otaku que passionnée de châteaux féodaux, sache que le musée international du manga se trouve à quelques minutes à pied du château : une bonne alternative si tu veux caler une visite en intérieur, notamment un jour de pluie.

Mes bonnes adresses pour visiter Kyoto

Où manger à Kyoto ?

Kyoto n’a pas volé sa réputation de capitale gastronomique traditionnelle du Japon. Voici quelques adresses et expériences qui m’ont marquée pendant mon séjour :

  • Pour un repas au comptoir sans réservation : les izakaya de Pontocho Alley, en pointant les plats des voisins si la carte n’est pas traduite
  • Pour goûter la cuisine kaiseki (menu traditionnel en plusieurs services) sans se ruiner : certains restaurants proposent une version « lunch » à moitié prix du dîner
  • Pour le grignotage entre deux visites : le marché Nishiki, brochettes et petites douceurs à toute heure
  • Pour le tofu, spécialité locale méconnue : les restaurants spécialisés autour du quartier d’Arashiyama
  • Pour un thé matcha préparé dans les règles : les maisons de thé traditionnelles, je conseille particulièrement la cérémonie du thé de Sakaguchian.
petit stand au marché de Nishiki à Kyoto
stand de street food à Kyoto pour manger pas cher

Où loger pour 2 jours à Kyoto ?

Le choix du quartier change vraiment l’expérience à Kyoto. Contrairement à Tokyo, la ville n’a pas de métro hyper dense : le bus reste le principal moyen de transport entre les zones, donc dormir au bon endroit t’évite pas mal de trajets.

Où ai-je dormi à Kyoto ?

Je recommande le ASAI à 100% : emplacement, propreté, personnel, confort… cet hôtel coche toutes les cases, il est parfait pour visiter Kyoto en 2 jours.

Quelques autres options intéressantes pour 2 jours à Kyoto :

  • Agora Kyoto : très bon rapport qualité/prix, bien placé, à partir de 71€/nuit.
  • Henn na Hotel : pour une expérience à la japonaise complètement kitch, à partir de 56€/nuit.
  • Nazuna Kyoto Gosho : pour dormir dans une maison traditionnelle japonaise 5*, à partir de 735€/nuit (oui, c’est un budget).

Si tu veux tester l’expérience du ryokan pendant ton passage à Kyoto, j’ai un article dédié avec mes adresses coup de cœur : dormir dans un ryokan au Japon.

Découvrir Kyoto : mes conseils

Maintenant que tu sais quoi faire pendant tes deux jours à Kyoto, voici toutes les infos pratiques pour organiser ton séjour sereinement.

Quel budget prévoir pour 2 jours à Kyoto ?

Voici une estimation réaliste pour 2 jours, hors vol international :

  • Hébergement : entre 60€ et 180€ par nuit selon le quartier et le standing.
  • Repas (par jour) : entre 20€ pour un repas de rue ou un izakaya et 50€ pour un restaurant kaiseki.
  • Transports locaux : environ 5€ par jour en bus/métro avec une carte IC.
  • Entrées des sites : Fushimi Inari et la bambouseraie sont gratuits ; compte 500¥ pour Kinkaku-ji, 800¥ pour Kiyomizu-dera et environ 600 à 1 300¥ pour le château de Nijo selon la formule.

Budget total estimé pour 2 jours (hors trajet vers Kyoto) : entre 180€ et 450€ selon ton niveau de confort.

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Comment se déplacer à Kyoto ?

Contrairement à Tokyo, Kyoto n’a pas un métro très étendu : le bus reste le mode de transport principal pour rejoindre la plupart des temples. Voici ce qu’il faut savoir avant de partir :

  • Le fameux pass bus journalier à 700¥ a été supprimé en 2023 et les anciens tickets ne sont plus acceptés depuis début 2024. Beaucoup de guides en ligne en parlent encore, ne te fais pas avoir. Il a été remplacé par un pass combiné bus + métro à 1 100¥, intéressant seulement si tu prévois cinq trajets ou plus dans la journée.
  • Pour un usage classique, une carte IC (ICOCA ou Suica) rechargeable reste la solution la plus simple : le trajet en bus est à tarif unique (230¥), tu montes à l’arrière et tu payes en sortant.
  • Si ton téléphone est compatible, tu peux ajouter une carte IC directement dans ton portefeuille numérique (Apple Wallet notamment) et la recharger avec ta carte bancaire, sans passer par une carte physique.

Comment aller à Kyoto ?

Si tu enchaînes plusieurs villes japonaises comme je l’ai fait, le Shinkansen est de loin l’option la plus pratique :

  • Depuis Tokyo : environ 2h15 en Shinkansen Nozomi, à partir de 13 500¥. Le Nozomi est le plus rapide mais n’est pas couvert par le JR Pass national (il faut un supplément) ; le Hikari, légèrement plus lent, l’est.
  • Depuis Osaka : à peine 15 minutes en Shinkansen jusqu’à la gare de Shin-Osaka (environ 1 500¥ en place non réservée). Attention, le Shinkansen arrive à Shin-Osaka et non à la gare d’Osaka centrale : il faut ensuite un train local pour rejoindre Umeda ou Namba.
train kyoto

Kyoto en 2 jours : les erreurs à éviter

Quelques leçons apprises sur place, à ne pas reproduire :

  • Suivre ou photographier une geiko sans son accord. Au-delà de l’amende, ce n’est tout simplement pas respectueux : ce sont des professionnelles qui se rendent à un rendez-vous, pas des figurantes.
  • S’appuyer sur le vieux pass bus journalier à 700¥. Il n’existe plus depuis 2023, mieux vaut prévoir une carte IC.
  • Arriver à Fushimi Inari ou à la bambouseraie en pleine journée. Les deux sont ouverts 24h/24 et gratuits : autant en profiter tôt le matin plutôt que de se battre avec les foules à 11h.
  • Sous-estimer les distances entre les zones. Mon itinéraire regroupe les sites par zone géographique pour cette raison précise, ne le mélange pas au dernier moment.
temple kyoto

Que faire à Kyoto en 2 jours ? La FAQ

2 jours suffisent-ils pour visiter Kyoto ?

Oui, à condition de regrouper les visites par zone géographique. Deux jours permettent de couvrir les incontournables (Fushimi Inari, Kiyomizu-dera, Gion, Arashiyama, Kinkaku-ji) sans se presser, mais sans non plus pouvoir explorer chaque quartier en profondeur.

Non, dans la plupart des cas. Fushimi Inari et la bambouseraie d’Arashiyama sont gratuits et sans réservation. Kinkaku-ji, Kiyomizu-dera et le château de Nijo se paient sur place, sauf en très haute saison (cerisiers en fleurs, momiji d’automne) où une réservation en ligne peut éviter l’attente.

Depuis Osaka, oui : le Shinkansen ne prend que 15 minutes. Depuis Tokyo, c’est possible (2h15 de train) mais je le déconseille pour une vraie découverte de la ville : mieux vaut y dormir au moins une nuit.

Le printemps (fin mars-début avril, floraison des sakuras) et l’automne (mi-novembre, feuillages rouges) sont les saisons les plus spectaculaires, mais aussi les plus fréquentées. Si tu veux éviter la foule, préfère l’été ou l’hiver, en te levant tôt pour les sites gratuits comme Fushimi Inari.

J’espère que cet itinéraire t’aidera à profiter au maximum de tes 2 jours à Kyoto ! Si tu as prévu un voyage plus long, n’hésite pas à consulter mon article sur les 2 semaines au Japon pour intégrer Kyoto dans un itinéraire plus complet. À bientôt sur le blog !

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